PRAGMATISME TRANSGRESSIF
Transition automne
 

La mode est pragmatique. L'actualité récente influence les collections d’un « formalisme secoué » déjà très présent chez les créateurs. Pourtant le monde vit de son espoir du futur, et la mode vit de sa capacité à accompagner les mutations de la société, de sa capacité à faire bouger les lignes. Jouer des paradoxes de la société et continuer à imaginer un monde meilleur… une règle essentielle et la dynamique de l’hiver 17.


La mode est pragmatique. Nul doute que l’élection du plus vieux président élu à la maison blanche influencera les collections d’un « formalisme secoué » déjà très présent chez les créateurs. Pourtant le monde vit de son espoir du futur, et la mode vit de sa capacité à accompagner les mutations de la société, de sa capacité à faire bouger les lignes.

 

La prochaine exposition au Musée de la mode à Paris « TENUE CORRECTE EXIGÉE : QUAND LE VÊTEMENT FAIT SCANDALE » nous racontera les prises de libertés et les infractions faites à la norme vestimentaire, aux codes et aux valeurs morales fluctuantes. Pantalon féminin, jupe pour homme, smoking pour femme, mini-jupe, baggy, ou blue jeans, devenus emblématiques d’un certain clacissisme, ont tous marqué une rupture, provoquant à leur apparition de virulentes critiques, voire des interdictions. Parce qu’ils étaient trop courts ou trop longs, trop ajustés ou trop amples, trop impudiques ou trop couvrants, trop féminins pour l’homme ou trop masculins pour la femme, ces vêtements ont transgressé l’ordre établi.


Parfois franchement en rébellion, et d’autre fois en jouant de détournements, distanciation ou ironie, la mode a tout à gagner en combattant à sa façon les peurs et les angoisses d’un grand nombre de ses clients toutes générations confondues.


Choisir la contrainte pour mieux la transgresser, c’est un courant fort, un exercice de style que les designers connaissent bien, l’expression de leur liberté et de leur conscience, quitte à composer stylistiquement avec les sentiments contradictoires et confus des consommateurs. Dans une attitude néo dandy, la mode fait le dos rond, en détournant, déstructurant et faisant grincer les codes néo bourgeois. Une transgression pour avancer malgré tout, sortir de la frilosité, proposer un monde en mouvement. C’est la nature même de la mode, son moteur et une des conditions de sa survie. Jouer des paradoxes de la société et continuer à imaginer un monde meilleur… une règle essentielle et la dynamique de l’hiver 17.


 




Les accords de couleurs dynamiques, entre une intensité pigmentaire et artificielle, mettent en pratique ce principe. Les standards détournés s’extraient de leur formalisme. Pour des pièces à manche aux volumes exagérés ou désaxés, les propositions classiques des lainiers sont secouées par la déformation des lignes traditionnelles des tissages. Les princes de galles et les tartans se jouent en diagonale, et on peut noter des suggestions de carreaux en transparence ou rebrodés. Le shirting décomplexé est séduit par des rayures classiques décomposées en tissé teint ou en micro façonnées surimprimées.


Et pour ceux qui souhaiterait prolonger le confort du homewear douillet et protecteur, il est proposé dans la version sexy/chic dans un esprit pyjamawear et intimate plus richement décadent. Fluidité soyeuse au masculin, mini cravate, rayure club, tracé en transparence, rayures dentelles.


Un douillet cool en fine bouclette, molleton chiné couleur, jersey velours et pane de velours effet moiré, pour combattre le stress normatif ou encore une nouvelle idylle denim pour un workwear recoloré délavé, pour sortir de la dictature de l’authentique. On ne peut revenir en arrière sur le confort de la maille.


Pour retrouver les chemins de la fête et tout oublier d’un monde « brutaliste » et sombre, les pops cinétiques de pois, pastilles ou confettis à recadrer, animent les imprimés soyeux. Enfin les rétros wallpapers nous parlent d’un Art nouveau venu d’ailleurs, fleurs ornementales d’esprit indonésien ou persan, nous rappellent que l’avenir est inspiré par l’ouverture au monde et aux cultures venues d’ailleurs.