Un nouveau rôle pour l'artisanat au sein des marques de luxe

La notion d’artisanat va généralement de pair avec le monde du luxe en raison de l’image de qualité et de raffinement que l’on associe au « fait main ». Pourtant, ces dernières années, de nombreuses marques ont tenu un discours grandement inspiré de cette image et ont fini par la diluer, si bien que le besoin d’établir une nouvelle vision se fait ressentir pour le luxe français. De plus en plus de maisons de renom ont la possibilité de montrer l’exemple et de conduire un tel renouveau, à commencer par la relocalisation de leur production, qui s’impose comme une décision stratégique majeure à cet égard.

Pour faire face aux coûts supplémentaires générés par une main d’œuvre non-délocalisée et non-industrielle, les maisons de luxe doivent valoriser le capital immatériel qui naît de l’ancrage dans un territoire, d’une fabrication locale, de la diversité et de la richesse d’un patrimoine.

Des publications telles que le Whispering Directory of Craftsmanship de Fendi et le Petit lexique des gestes Hermès ou les défilés Chanel Métiers d’Art sont des exemples d’initiatives lancées par les marques pour faire découvrir mais également comprendre au public ce qui fait leur spécificité. Elles s’éloignent ainsi des modes de communication traditionnels, qui se contentent de relater les faits historiques ou les collections iconiques d’une marque, pour proposer une véritable immersion au sein de l’activité quotidienne.

Pour cela, les marques attirent l’attention sur l’ensemble des communautés avec lesquelles elles sont en interaction, sur les particularités des procédés de fabrication, sur la provenance des matières premières et l’origine des techniques utilisées, en d’autres termes, sur tout ce qui est lié de près ou de loin aux valeurs de l’artisanat et qui permet d’apprécier la valeur intrinsèque d’une production.

Pour que davantage de marques puissent suivre le train en marche, un dialogue fondé sur le partage doit s’établir avec le public – à travers les stratégies de CRM (Customer Relationship Management) et de bespoke (sur-mesure) – mais également avec les artisans, dont l’univers de travail contribue au supplément d’âme de leurs créations.

Crédit photo : Desrues


Auteur : Jean-Philippe Trapp


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