Tissus nippons hauts en couleur

Présenté lors de la dernière édition du salon Première Vision, le « Japan Creators’ Textile Project » a pour vertu de promouvoir le textile Japonais. C’est chose faite avec « peps » !
Soutenu par l’Agence des PME du Ministère de l’Economie, du Commerce extérieur et de l’Industrie du Japon, le projet allie habilement art et industrie, tradition et modernité, grâce à un trio de renom : la photographe-cinéaste Mika Ninagawa, l’illustrateur-directeur artistique Fantasista Utamaro et le fabricant de tissu technique Komatsu Seiren. Il ne s’agit pas tant de repousser les possibilités techniques que de les éprouver et d’ouvrir de nouvelles perspectives, et ce en associant les meilleurs.

Japan Creators textile Fantasista Utamaro

Ainsi, faire fi de l’atonie ! Une vingtaine de motifs ultra-colorés oscille entre hanami et manga. Les chrysanthèmes artificiels funéraires explosant de teintes vives, les glaïeuls, jonquilles, pois de senteurs et autres mimosas saturés, les cerisiers printaniers font écho aux pois électrisés, aux onomatopées-camouflages explosifs, aux étoiles pétillantes.

Grâce à l’impression à jet d’encre offrant 16 millions de couleurs, les images (photographies et illustrations) créées par les deux artistes deviennent des textiles synthétiques toniques et détonants. A leur tour, ces imprimés seront matières à création : deux collections de mode « haute couleur » seront successivement présentées au grand magasin Isetan de Shinjuku, l’un des quartiers les plus animés de Tokyo (octobre et décembre 2013).

Japan Creators textile Mika Ninagawa

Deux questions posées aux enthousiastes Mika Ninagawa et Fantasista Utamaro :

La finalité textile de vos travaux est-elle une motivation ?

MN : De par mes collaborations passées avec des grandes maisons telles Céline, Lucien Pellat-Finet et Agnès b., j’avais déjà eu le plaisir de voir mes œuvres devenir des articles de mode, vêtements, sacs et articles d’intérieurs comme des rideaux. Cependant, cette fois c’est légèrement différent. Mon travail peut se mouvoir en textile et ceci ouvre les portes à d’éternelles possibilités. J’ai été très impressionnée par le rendu textile de mon travail une fois imprimé. L’idée de ce que mes textiles vont devenir m’excite vraiment !

FU : C’est extrêmement jouissif ! J’ai créé des motifs qui grandissent éternellement. En ce sens, je me réjouis de cette opportunité et je considère que celle-ci ouvrira la porte à de nouvelles possibilités pour mon avenir. Viva, Tokyo !!!

Ce projet représente-t-il un défi ?

MN : Je pense que le « textile » est largement répandu dans notre vie quotidienne. Il devient des produits qui appartiendront ensuite à une personne et intègreront profondément une partie de sa vie. Je suis ravie que mes œuvres deviennent une partie de la vie de quelqu’un. Cela représente plus une excitation qu’un défi. Cependant, quand je considère ce projet en soi : « comment sera-t-il ? » , « Rencontrera-t-il du succès ? », l’aspect stimulant est bien là. En ce sens, participer au plus grand salon textile qu’est Première Vision représente beaucoup pour moi. Cela me plait que des professionnels de l’industrie textile touchent et voient mon imprimé. Se lier avec un nombre considérable de personnes grâce à mes œuvres est un plaisir que je ne peux normalement pas expérimenter.

FU : Ce projet m’a convaincu de devenir un des artistes majeurs travaillant sur le textile à l’avenir. Je me sens un esprit combatif. « Allons ! Je peux tout faire ! » Mais en même temps, ceci est mon grand défi avec autant d’attente que d’anxiété.

www.ninamika.com
www.kotobukisun.com
www.komatsuseiren.co.jp/en


Auteur : Sylvie Marot


Share: