Mahdia, soieries tunisiennes

Dès le 12e siècle, le géographe voyageur Al Idrisi témoignait de la richesse et du raffinement des textiles tissés dans la ville de Mahdia. « Du dedans comme du dehors, elle a bel aspect ; ses habitants sont beaux et proprement vêtus », précisait-il. « On y fabrique des vêtements de bonne qualité, au tissu fin, qui sont sa spécialité et qui sont, à ce titre, exportés dans tous les azimuts et à tout moment, car ils sont inimitables. »

madhia_4

Si l’industrie textile tunisienne est aujourd’hui plus volontiers associée à la confection, cet artisanat ancestral est encore bien vivant dans les ruelles de la Médina de ce port de pêche tunisien. En se laissant guider par le bruit du passage des navettes sur les métiers à tisser en bois, on peut découvrir plusieurs ateliers répartis dans le centre historique.

Métrages d’exception, ces jacquards tissés dans des fils de soie reprennent des motifs traditionnels. Leur utilisation étant presque exclusivement réservée aux tenues de noces, ils perpétuent avant tout des coutumes régionales. La mariée mahdoise superpose ainsi un nombre impressionnant de textiles et d’étoffes brodées pour composer sa tenue, tous témoins des savoir-faire propres à la ville. Mélangés à des fils de lin ou de coton, les écheveaux de soie des tisserands se transforment aussi en étoles et foulards.

madhia_1

Et à défaut de faire l’acquisition d’une panoplie complète de jeune mariée, on s’attardera sur les productions de la ville voisine de Ksar Hellal. Spécialisée dans le tissage du coton, elle produit dans ses ateliers les foutas, ou serviettes de hammams, dans toutes les déclinaisons possibles de rayures, de nid d’abeille, etc.


Auteur : Emilie Hammen


Share: