Le bogolan ou les motifs de la terre

Le mot Bogolan signifie « fait avec la terre », de la langue bambara bogo (terre) et lan (issu de) et désigne autant une étoffe qu’une technique de teinture très particulière.

Le bogolan, c’est une toile de coton filé main, aux motifs graphiques et géométriques, dans les tons de jaune et de noir, avec parfois des touches de rouge, de brun et de blanc. Ce savoir-faire traditionnel vieux de plusieurs centaines d’années, trouve ses racines au Mali. Il s’est ensuite étendu à toute l’Afrique de l’Ouest et en particulier au Burkina Faso et à la Guinée. Le bogolan est une technique artisanale qui puise tous ses ingrédients localement dans la nature : eau, terre, soleil, pigments naturels, et qui se réalise en plusieurs étapes simples.

Art du Bogolan

Le tissu est tout d’abord passé dans un bain de teinture de couleur jaune, un mélange d’eau claire et d’une décoction de feuilles de bouleau d’Afrique, puis il est séché au soleil.

On utilise ensuite de l’argile laissée plusieurs semaines à fermenter dans des jarres mises en terre. C’est cette boue qui va servir à créer les motifs. On l’applique au pinceau ou au stylet, à main levée ou au pochoir sur l’endroit du tissu, pour des motifs qui s’inspirent de la nature, d’éléments de la vie quotidienne en Afrique : chasse, pêche, animaux stylisés.

Ces dessins protecteurs ornaient chaque pièce destinée à un usage rituel précis, pour marquer les différents moments de la vie d’une femme ou d’un homme. Avec le temps, la signification symbolique des dessins a laissé place à des jeux graphiques plus décoratifs.

Art du Bogolan

On laisse ensuite sécher au soleil et les agents contenus dans la boue fermentée vont réagir chimiquement en s’oxydant sur la base ocre, pour donner au rinçage une couleur noire très dense et indélébile.

Si les bogolans traditionnels sont bicolores et jouent seulement sur le contraste jaune-noir, les pièces contemporaines se sont enrichies de touches de blanc obtenues par décoloration grâce à un mélange de chlore, de savon de karité et de lessive ; ou encore de rouge foncé et de brun grâce à des teintures naturelles extraites d’écorces et de feuilles d’arbres locaux.

Depuis les années 80, le bogolan connaît un succès toujours plus grand dans le vestiaire africain moderne. On l’emploie pour faire des pagnes de femmes ou des tuniques d’homme, il inspire les créateurs et apparaît également dans la décoration intérieure, comme couverture ou tenture.


Auteur : Magali An Berthon


Share: