La sériciculture en Chine : la soie légendaire

Le tissage de la soie nous viendrait de Chine. Selon la légende, ses origines remontent aux environs de 2700 av. J.C. : la princesse Si Ling Chi, sirotant alors son thé à l’ombre d’un mûrier, fut surprise par la chute d’un cocon dans sa tasse. Alors qu’elle tenta de l’ôter de son breuvage, le cocon se décomposa en un fil sans fin mais si fin qu’elle eut l’idée de l’utiliser pour confectionner des étoffes. Enchantée du résultat obtenu par ses tisserands, elle octroya à cette soie l’exclusivité de sa garde-robe, et le secret de ce nouveau tissu si doux et si précieux fut jalousement gardé pendant plusieurs siècles.

Aujourd’hui, si la culture de la soie a outrepassé les frontières de l’Empire du Milieu, elle en reste un pilier culturel. Principalement dans les régions rurales près de Shanghai, dans les provinces du Zhejiang et du Jiangsu, ainsi qu’à Chengdu dans le Sichuan, ce savoir-faire se transmet de mère en fille, ou de maître à apprenti. Il concerne la culture des mûriers (dont les feuilles nourrissent les vers à soie), l’élevage des vers, le dévidage de la soie, le filage, et enfin le tissage.

© 2005 China National Silk Museum

Dans la lignée de la fantastique légende qui signe leurs origines, la sériciculture et l’artisanat de la soie sont des activités hautement ritualisées : à l’unisson des cycles lunaires, les sériciculteurs célèbrent chaque année la Déesse des vers à soie lors d’une cérémonie destinée à chasser les mauvais esprits et à assurer une récolte de cocons abondante ; en avril, les séricicultrices se parent de mille fleurs de soie ou de papier, font des offrandes et prient pour un butin luxuriant.

Vecteur de continuité et de sentiment d’identité, cet artisanat traditionnel chinois parmi les plus anciens a intégré en 2009 la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco.

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Auteur : Angèle Hernu


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